Il est sept heures, depuis longtemps le réveil du matin a sonné. Les carriers, les yeux
encore touts collés de leur sommeil profond, se sont levés, encore plongés dans leurs rêves les plus doux, baillant à qui mieux mieux, mâchant dans leur bouche les restants d'un petit
déjeuner vite ingurgité, les employés en cortège passent le portail ouvert et se rangent devant le vestiaire récemment terminé. Après s'être échangées quelques poignées de mains, après s'être
racontés les potins du matin, leurs tenues de bleus enfilés sur eux, leur chef leur donne ses recommandations.
Il est sept heures la carrière se réveille tout le monde a encore sommeil.
Nonchalants, les chauffeurs voguent vers leurs occupations, l''entretien habituel terminé, les
engins sont démarrés, vombrissant, remettant de l'animation dans ce silence d'une nouvelle journée d'été. Les échappements dessinent des ronds de fumées noires dans cet air purifié par la nuit
étoilée. Autour des tapis les convoyeurs agitent leurs bras comme des pattes d'abeilles nettoyant leurs ruches. Sur les rouleaux qui pleurent, frémissent les bandes des grandes sauterelles en
laissant échapper le nouveau produit broyé comme un tendre nectar. Donnant la vie comme les battements d'un coeur rythmé, le concasseur relance ses ronronnements préférés d'un gros chat qui
dort.
JOEL