Quelques poèmes et textes sur ma vie de tous les jours. Décrire les petites choses qui paraissent sans importance et qui nous font battre le coeur
MON
AMANT
Pendant ma jeunesse, pendant une période de dix ans, j’ai fait la connaissance d’un amant. Au début j’étais timide et il m’aidait à être joyeux pour courtiser les filles ; pour prendre de l’assurance auprès des copains. De sa part c’était un plaisir d’avoir de l’aide. Mais plus je le côtoyais, plus il prenait de l’importance sur moi, jusqu’à avoir une présence lourde et envahissante. Les jours, les mois passèrent en sa compagnie. Il arrivait à soudoyer mon moi intérieur, à le dominer, l’incitant à s’enivrer afin d’être toujours le meilleur aux yeux des autres.
A chaque fois qu’il fouillait mon intérieur, sa semence son venin injecté dans mon sang gonflait mes veines, chauffait mon corps, activait mon esprit, incitait mes nerfs. Nous deux ne faisions qu’un. A l’oreille il me criait de danser, alors nous nous lancions sur la piste. On poussait les gars, les filles. De force tout le monde valsait de nos bras. La musique nous mettait en transe. Nous claquions dans nos mains. Nous tapions des pieds. Nous sautions sur place. Nous chantions. Nous crions. Nous dansions. Nous hurlions. Nous gesticulions. La piste seule était à nous, gare aux opportuns. Les autres de peur n’osaient s’aventurer, nous connaissant évidemment. Nous étions là pour la soirée.
Nos réactions étaient vives. La musique entrait en nous, nous chauffait le corps. Nous transpirions. Elle nous incitait l’esprit. La salle Ahurie nous regardait. Mon amant et moi étions deux, unis, heureux. Je n’étais plus moi mais lui. Vers la fin de la soirée, je lui criais de me laisser, mais il insistait pour rester. Je lui criais de me laisser mais il continuait de danser, insouciant, seul au monde ; adieu les problèmes ; adieu le boulot ; adieu tout le monde. Tout tournait autour de nous. Je suis seul au monde ! Laissez moi ! Son venin m’embrasait. Je buvais encore et encore. Je perdais la notion du temps, Je perdais pieds, je titubais. La musique grondait. Mon esprit bouillait. Ma tête gonflait. Mes yeux sortaient par l’ivresse. Je lui ordonnais d’arrêter de m’entraîner, de me laisser. Mon amant me possédait, m’injectait une overdose. Non ! Non ! Mon corps tremblait. Je voulais sortir le venin de moi mais il s’accrochait. Je tirais mes vêtements pour qu’il n’est plus de prise, pour qu’il lâche mon corps et glisse sur le parquet. Il m’injectait une autre dose. Non ! Non ! La musique me droguait, m’enivrait. Ma tête va éclater elle me rend fou ! Assez ! La piste tourne. Je suis SUPERMAN ! JesuisBATMAN! Écartez vous je vole ! Je suis TARZAN! J’attappe les lianes, je m’élance ! Les tables, les chaises, les bouteilles valsent en tous sens. Mon amant s’amuse il ne peut se retenir, il incite les gens. Les coups de poings s’échangent mon amant ne désarme pas.. Les spectateurs entrent dans la danse, me saisissent je me traîne à terre. Que veulent ils ! Je m’amuse, je suis la pour m’amuser. Ils me frappent, me tirent les cheveux. En crise je me débats. A quatre, à cinq ils saisissent mes jambes, mes bras, je crie. J’hurle. A la porte du disco ils m’éjectent comme un sac poubelle sur le trottoir. j'essaie de me relever, je ne peux pas. Mon amant ne peut m’aider tant je suis ivre. De cette soirée il a gagné, ce qu’il voulait, je n’ai pu lui refuser. On me laisse la seul à terre sous les projecteurs des lampadaires. Débrouille toi, rentre chez toi !
Le matin j’ouvre un œil puis deux. J’observe autour de moi. Fatigué mon amant me surveille, il perd prise mais il sourit, il ricane, il se moque de moi. Il sait que la journée va être dure. Je soulève lourdement la tête, elle me fait mal sous les coups de tambours. J’entends toujours de la musique. Ah oui, le dancing ! Une fois de plus je me trouve en fâcheuse posture. Je ne peux continuer ainsi. A chaque sortie j’ai le même comportement. Comment faire pour arrêter !
Je n’ai plus de volonté, je perds tout à chaque sortie ; je rentre dans des états accompagné de mon amant. Cela ne peut plus durer il faut prendre une décision. Au bout de dix ans j’ai le droit de vivre seul, je décide d’aller en cure pour me soigner. Avec mon amant je divorce je ferme les cuisses. Au bout j’ai la liberté, vive la liberté !
Depuis toujours à l’affût d’une rechute, il me surveille. Il attend un moment de lâcheté pour intervenir et posséder de nouveau mon corps. Je n’ai pas le droit de faire un faux pas. Je sais qu’il me suit jour après jour, mois après moi, années après années mais je ne lui cède pas. Au contraire auprès d’amies je forge ma volonté. Amant je ne veux plus te recevoir à ta place j’ai pris femme et amies. Je suis entouré d’amies sincères et dévouées qui j’en suis sur auront compris mon histoire et ne me laisseront pas tomber. Peut être qu’un jour mon histoire je la raconterais entièrement en disant la vérité. Je la dois à mes amies. Pour une fois je ments je l’ai déjà écrite. Plus tard sur votre demande je vous la remettrais même si je dois perdre ce qui m’est le plus précieux, votre amitié. JOEL
combat le bien contre le mal