Quelques poèmes et textes sur ma vie de tous les jours. Décrire les petites choses qui paraissent sans importance et qui nous font battre le coeur
JE T’EPIE
Ce soir est un beau jour pour moi. Tu es là. Je te regarde. J’observe depuis un moment tes moindres gestes, beaux et précis. Je t’épie. Sentant mon regard majestueusement tu tournes la tête. Tes yeux bleus profonds me pénètrent et m’inspirent.
Je suis aux anges. Comme saoulé par un tour de manège gratuit donné à un enfant, comme emporté par un vent harmonieux venu d’ailleurs annonçant de la tendresse, déployant mes ailes d’ange je survole les cieux, je me sents libre, bien dans ma peau et heureux. Léger je voudrais planer dans les airs jusqu’à la fin des temps, à l’aise accroché sur mon nuage blanc, goûtant avec délice ce bonheur éternel qu’est le rêve. Soudain tes mots réfléchis, sereins, doux m’appellent à la réalité. En lévitation doucement je redescends sur terre au son mélodieux de ta voix. Tu me parles tendrement. Les sons qui chantonnent de ta bouche m’inspirent la bonté, la confiance, l’amitié. Mais cette mélodie dissimule une solitude profonde, une déception cachée, une existence intérieure de souffrance continue, mais l’envie en toi de vivre et de te battre pour ton avenir est la plus forte. Au jour le jour avec courage tu prends la vie à bras le corps, tu fais des rencontres, tu te fais des amis. Je t’admire.
Habillement ta jolie main de fée prend soigneusement l’aiguille magique, avec délicatesse pique le canevas. Le fil de coton glisse entre tes doigts agiles pour tisser sur la toile épaisse des points de croix. Occupée à ton ouvrage, ton entourage te parle en même temps, tu continues ton labeur commencé sur ton métier, réussissant à répondre à toutes les questions posées. Au bout d’un moment finissant tes explications sur l’œuvre en cours tu t’arrêtes. Tu respires. Tu te détends. Passant machinalement une main dans les cheveux que tu viens depuis peu de teinter, tu arrêtes le mouvement et questionneuse tu me fixes longuement dans mes yeux attendris tout en me parlant.
Gardant cette position, j’observe sans honte, sans gêne sur ton beau regard, l’expression douce et franche, le mouvement de deux lèvres sensuelles dont la fraîcheur, l’humidité, le goût doit ressembler à un fruit rouge défendu, juteux, qu’un amant désirerait déguster en fermant doucement les yeux pour garder en souvenir le précieux plaisir. Ta joue rosie doit être douce au toucher, ton cou invite à la caresse, aux tendres baisers. Tes phrases laiteuses chantonnent dans mon cœur comme une douce symphonie, comme les vers d’un tendre poème, mielleuses, enjôleuses, me font tourner la tête par l’ivresse des mots. Ta présence endolorit la hargne qui boue en moi devant ma jeunesse passée, devant la colère de mon impuissance à plaire et à être aimé. Ta poitrine sous le tissu tendre, battant aux rythmes de ton cœur excite mes sens, rallume ma forge, me donne des envies. Mais je ne dois pas, je ne veux pas penser à cela. Je lutte. Ma conscience me rappelle à l’ordre. Je ferme les yeux. J’essaie de me souvenir de toutes nos paroles respectives de l’autre soir, ma parole donnée, mais dans la transe de la soirée quelques phrases m’ont échappé.
Vilaine! quel sort m’as-tu jeté? Que se passe t il en moi?
Ne voulant pas tomber dans le jeu cruel de l’amour et de l’amitié, à présent je veux faire mon choix. En t’aimant je me rends compte que j’aime ma femme deux fois plus qu’avant. Je t’aime et tu resteras toujours mon amie.
JOEL