Quelques poèmes et textes sur ma vie de tous les jours. Décrire les petites choses qui paraissent sans importance et qui nous font battre le coeur
ADIEU POILU
Levez le drapeau, mettez vous au garde à vous.
C'est une minute de silence." Debout!"
Pour lui rendre hommage clairon tu peux sonner.
Soldat de la Grande Guerre c’est le dernier.
Adieu vieux poilu car aujourd’hui tu n’es plus.
Terré sur le front tu t’es vaillamment battu.
La mort cette triste compagne journalière
Frappait sans relâche tous ces bons hommes frères.
Epargnés vous nous racontiez votre misère :
Notre ennemi veut envahir toutes nos terres.
La paix menace, le tocsin avait sonné,
La guerre déclarée les cœurs sont affolés.
Alors l’ordre des autorités fut donné,
Les mâles valides furent mobilisés.
Ricanant le malin sentit son affaire
En pensant à tous ces êtres à mettre en bière.
Jeunes soldats munis de casques et de fusils,
En première ligne vous êtes donc partis.
Vous déplaçant par milliers par wagons entiers,
Allant défendre votre patrie en danger.
S’éternisant pendant quatre cruelles années
La guerre gronde dans ces boueuses tranchées.
Ici bas cette vie d’outre-tombe s’achève,
Dans ce paysage de ténèbres ils crèvent.
Pour eux l’horloge du monde s’est arrêtée.
Vivre cachés, mourir était leur destinée.
Prisonniers des tranchées le jour va se lever.
Pensant "mon dernier" ce soir je serai tombé.
Hurlements, os brisés, ventres ouverts, chairs brûlées
Provoqués par la chute des bombes et mortiers,
Par un grand manque de soins les plaies gangrenaient
Et des membres atteints les médecins amputaient.
Les seuls survivants revenant de cet enfer
Se sont promis de ne jamais avoir de guerres.
Les années de paix se sont très vite écoulées,
Pris par la folie les hommes ont recommencé.
Adieu vieux poilu tu vas entrer dans l’histoire,
Celle dont mes enfants veulent bien tout savoir.
Ce très long récit restera dans leurs mémoires
Dans une longue paix ils veulent encore y croire.
JOEL