Quelques poèmes et textes sur ma vie de tous les jours. Décrire les petites choses qui paraissent sans importance et qui nous font battre le coeur

CES FAMEUSES SOIREES
Souvent lors des rassemblements familiaux, professionnels, certaines personnes jappent de belles phrases toutes faites, ronflantes, souvent incompréhensibles. Pourtant ces phrases seraient comprises par tout le monde si elles étaient prononcées plus simplement et qui en fin de compte veulent dire la même chose.
Il est vrai que devant les plus médiocres, les moins instruits, il faut bien montrer son rang, son instruction, sa promotion sociale. Au fond pourquoi avoir poussé ses études si ce n’est pour s’en servir. D’autres le font machinalement sans s’en rendre compte. L’habitude quoi.
Lors des réceptions prenez un ton plus hautain, cela passe déjà mieux, cela donne un genre. Tenez votre verre avec votre petit doigt dirigé en l’air, prenez un air pincé comme si le chien du coin aurait confondu votre arrière train pour un steak, et le tour est joué. Vous changez de catégorie. Erreur de jugement. Le tout pensez vous est de prendre de la prestance .Alors surtout éviter de prononcer un mot. car d’après votre langage vous seriez découvert et évincé du groupe.
Bien entendu devant les convives on ne vous demande pas de rejeter vos gaz intestinaux en public ; de jouer les spéologues avec les cavernes de vos naseaux ; de coller et de collectionner vos mickeys comme des papillons sur le veston de votre voisin, comme des imprimés sur la robe de votre voisine prétextant que c’est la nouvelle mode ; d’essuyer vos mains dans les nappes blanches étalées sur les tables ; d’uriner sur les plates bandes l’instrument à l’air et à la vue des invités. Soyons corrects et restons courtois. Pourtant ce genre de comportement, ces exactions se voient quand l’abus du tendre nectar agit et appauvrit les esprits. Esprit es tu là ? J’ai déconnecté depuis longtemps ! Restez simple ne veut pas dire devenir rustre. Gardons notre dignité en présentant une bonne tenue et un savoir vivre. C’est un minimum.
Lors de ces fameuses rencontres souvent les « m’as tout vu », les « moi je connais tout » monopolisent la parole et celle-ci rayonne autour de leur centre d’intérêt pendant la soirée. Quand votre tour de parole arrive, il est déjà révolu vu que le sujet dérive immédiatement sur autre chose. .Vous n’avez donc plus votre mot à dire. Soit que votre opinion laisse de l’indifférence, soit qu’il faut de suite s’éloigner et se brosser les dents car votre haleine doit sentir mauvais.
Esseulé, m’ennuyant, vidant mon esprit, complètement absent, je me retranche dans mon monde, dans une autre dimension, dans mes rêves ; faisant des projets, revoyant ma vie passée ; obsédé sur mes idées, celles qui trottent constamment dans ma tête, celles qui bouleversent ma conscience.
Perdu dans mes songes, je n’entends plus un bruit de l’extérieur. Arrivé dans mon monde la sensation de douceur existe. Tout parait très étrange comme si tout se déroulerait au ralentit. Je me sents bien. Je n’ai ni froid, ni chaud. A l’extérieur tu me parles, tes lèvres remuent mais aucun son ne sort. Pourtant tu es là, tu me souris, c’est étrange je ne réagis même pas. Je voudrais te parler les sons restent coincés dans ma gorge, alors comme si des somnifères agiraient lentement avant de me faire tomber dans un sommeil profond, je descends doucement dans les profondeurs de l’abbysse de mes rêves.
Par bribes je reviens dans le monde des vivants .Une jeune femme me parle de BRICE de NICE ou de NICE de GLACE, de rupture, de poissons rouges ; je confonds tout ; pour moi c’est simple, BRICE a caché son steak haché et les pois sont rouges à NICE. Je n’ai pas cherché plus longtemps, pour moi c’était clair. La jeune femme s’est rendu auprès de ses amis et de temps en temps inquiète se retournait pour me regarder longuement faisant une drôle de tête, me laissant seul à ma rêverie.
Si chacun essayait de se mettre à la portée de l’autre, tout le monde y trouverait son compte mais cela ne se réalisera jamais car sur notre route dans la vie quotidienne nous aurons toujours affaire à ce genre de pédants. Ce qui nous laissera beaucoup d’autres soirées à rêver et encore rêver mais soyons quand même vigilants pour répondre lors de nos soirées. Redescendons de temps en temps sur notre bonne vieille terre.
JOEL