Quelques poèmes et textes sur ma vie de tous les jours. Décrire les petites choses qui paraissent sans importance et qui nous font battre le coeur
NOTRE CRECHE 2006
Un mois avant la date fatidique de Noël, déjà les gamins commencent à tourner autour de moi, me demandant « - quand commencerons nous la future crèche ».J’essaie de retarder un peu l’échéance mais à force d’entendre les jérémiades je cède. Les cris de joie s’élèvent, l’énervement est à son comble, les filles jubilent sur place. Alors motivé, gonflé à bloc par leur envie, ne tenant plus en place, les gamins prennent des sacs, des seaux qu’ils rangent dans le coffre de la voiture. La grande aventure, la grande expédition commence. Nous rendant dans un bois où nous trouvons notre bonheur chaque année, chacun fouille, cherche et ramène son trésor. « -Ici la mousse est plus belle, plus touffue ! » Les sacs débordent de branchages de toutes formes, de mousses volumineuses, de rameaux de houx, de genets. « -Papa tu peux prendre mon sac il est trop lourd, je me suis piquée avec le houx ! »
Le retour en voiture se déroule joyeusement, chacun fait des projets et donne ses idées pour construire la crèche. A la maison tout le monde participe et trouve sa place et son rôle dans la petite famille.
Pour le soir même, dehors devant le renfoncement de la maison, sur une longueur de 3 m mon fils a déjà monté l’armature du sas de présentation. Un bon volume se dessine pour ce sas d’entrée, de dimension L 3m l 2,5 H 2,5. Sera t’elle assez solide, résistera t’elle aux tempêtes ? L’année précédente avec le vent conjugué au poids de l’eau tout s’était effondré. Notre armature était construite avec les moyens du bord, avec de vieux tubes de tonnelles. Chat échaudé prend ses précautions, cette année nous avions investis dans des poutrelles de bois qui nous serviront pour les années futures. Il faut à présent fixer les bâches. Espérons que le vent ne se lève pas.
Nous servant de tables de jardin comme support, une fois les plaques d’isorel récupérées dans les supermarchés, plaques servant pour superposer les bouteilles dans les rayons, le montage de la crèche peut s’effectuer. Mon fils voulant une rivière passant à l’arrière plan il faut prévoir une petite pompe de jardin et prévoir en premier lieu le circuit, l’eau coulant sur un morceau de bâche de bassin doit être récupérer et reprise par la pompe afin de provoquer un circuit fermé. Le problème s’est de régler le débit de l’eau, surtout ne pas noyer l’ensemble avec les projections. Après quelques déboires pour trouver le réglage, le tout marche à la perfection. Pourtant tout énervé, tout découragé mon fils voulait abandonner son projet. L’association d’idées arrange les choses, le tout est d’aboutir.
Pour donner forme à notre montagne nous nous servons de boites diverses, de cagettes ensablées pour que l’ensemble ne bouge pas. Les mousses posées avec délicatesse, avec poésie, avec plaisir par les petites mains des enfants s’étalent par magie donnant formes aux versants, les chemins ensablés se garnissent de petits personnages de toutes sortes.
Il faut fouiller dans sa mémoire pour retrouver les idées perçues des crèches des magasins. Allons vite au jardin choisir les plus belles pierres, trions les silex autour des bassins, lavons les, brossons les et plaçons les sur les mousses pour imiter les roches de la montagne. A présent décorons nos petits branchages en formes d’arbres, coupons les à la hauteur désirée et avec des lichens servant à notre réseau de trains miniatures garnissons le dessus pour imiter le feuillage, le résultat est garanti. Voila notre crèche est montée.
Oh ! Malheur ! En rangeant les boites vides contenant nos sujets une de mes filles trouva une boite pleines de petits moutons. C’est sur une crèche sans ses moutons est une crèche incomplète. Tout en nous observant, le sourire au coin des lèvres, nous laissons notre petite dernière placer avec tendresse ses petits animaux errants dans la nature, broutants ici et là, pendant que les bergers demandent leur route pour rendre visite au nouveau né.
Joel