Le soir la journée de labeur terminée, plus je m'approche de la maison, plus mon pied appuie sur l'accélérateur, plus mon cœur bat. La hâte de retrouver les
miens envahit mon ventre. Ils me manquent. Ma voiture connaît le chemin. « Allez les enfants Papa arrive ! » En arrivant je n'ai ni besoin de klaxonner, ni besoin d'appeler. Déjà deux jeunes gazelles accourent en dehors de la demeure, se jetant dans mes bras en criant « Papa
! ». De quoi traumatiser un cartier, mais les gens d'ici connaissent depuis leur naissance leur exubérance, et à la fin ne font plus attention à leur excès. Mais on aperçoit un petit sourire de
complicité sur les lèvres des voisins. « C'est
mon Papa ! Non c'est le miens ! J'étais là avant toi ! ».Quand mes deux filles se disputent pour accaparer mon étreinte, j'ai trouvé un moyen de diversion pour enrayer la dispute. Je trouve
toujours une excuse pour aller nourrir mes poissons affamés, car eux aussi réglés comme des horloges attendent rassemblés mon arrivée. Retourné à la
maison, furtivement je me faufile auprès de mes demoiselles. Des petits bras délicats s'enroulent autour de mon cou. Alors tous les déboires de la journée me sont présentés, ainsi que les petits
plaisirs. Après le souper, le coucher de la benjamine se déroule sous une pluie de baisers. Combien de bisous me sont destinés, je n'ai pas assez de mes deux joues. La
séparation traîne en longueur, mais combien est elle appréciable. Les étreintes exagérées se poursuivraient interminablement sans l'intervention de Maman. « C'est l'heure, il faut dormir ! »Le cœur
gros, une lueur de désespoir se lie dans les yeux de l'enfant qui s'y résigne et pose sa tête sur l'oreiller. D'un signe de la main je lui fais « à demain ! ».. Quelle aubaine pour la cadette de poursuivre la soirée en ma compagnie. Blottie contre moi, la tête confortablement posée sur mon abdomen proéminent lui servant
d'oreiller (quel avantage d'avoir un excès d'embonpoint), tous deux regardions la télé. Je devrais en faire autant installé de cette manière sur les reliefs de Maman. Acceptera t'elle ? Je n'en
suis pas convaincu, d'où l'avantage d'être la fille à Papa.Les dernières minutes de la soirée se passent
au chevet de ma fille. Que de petits secrets sont dévoilés entre nous, combien de câlins sont échangés. Avant de nous quitter, ses mains agrippent mes bras afin que je prolonge la soirée avec elle.
Je dois me disputer, me mettre en colère pour qu'elle lâche prise. Demain il faut aller à l'école. Alors nous éclatons de rire et je la laisse à son sommeil. Voilà comment se terminent nos soirées. Heureusement que mon fils est plus réservé mais rien n'empêche notre connivence. Clin d'œil !
Que c'est bon d'aimer et d'être aimé !